Dissertation, La Sorbonne (
2026)
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Abstract
L’opposition contemporaine entre physicalisme réductionniste et physicalisme non réductionniste est régulièrement tenue pour l’un des clivages majeurs de la philosophie de l’esprit. Le présent article défend l’idée que ce clivage repose sur une méprise fondamentale dans la manière même de poser le problème. Le désaccord ne porte pas en premier lieu sur l’articulation du mental et du physique ; il s’inscrit dans une problématique déjà admise de part et d’autre, selon laquelle l’enjeu décisif serait de savoir ce qui peut être ramené à la matière et selon quelles modalités. Or c’est précisément ce présupposé qui doit être mis en cause. Tant que la question de la signification, des formes signifiantes, de la normativité du vrai et du faux et du statut des règles n’est pas traitée pour elle-même, le débat physicaliste demeure prisonnier d’un monisme méthodologiquement efficace mais philosophiquement insuffisant. La thèse défendue ici est double. D’une part, le passage du matérialisme méthodologique au matérialisme ontologique procède d’un glissement illégitime : ce qui vaut comme principe d’unification dans les sciences de la nature ne suffit pas à fonder la proposition selon laquelle tout ce qui existe est de part en part matériel. D’autre part, les formes signifiantes ne peuvent être identifiées à leurs supports physiques sans que soient effacées les distinctions mêmes qui rendent possible un discours vrai sur la matière. Le débat entre réduction et émergence apparaît ainsi comme une querelle interne au matérialisme, et non comme la formulation adéquate du problème. Pour des développements plus détaillés, se référer à la Philosophie de la Signification, Geoffroy de Clisson (en libre accès sur PhilPapers).
Mots-clés : physicalisme ; matérialisme ; néodarwinisme ; principe de raison suffisante ; cybernétique ; Libet ; signification ; normativité ; émergence ; intentionnalité.